La seule et unique référence explicite qu’offre tout le corps des Essais de Montaigne à l’«opinion» de l’astronome Copernic se trouve dans l’Apologie de Raymond Sebon (II, 12, 570 A). Il s’agit d’une référence prudente et contenue à l’héliocentrisme, la nouvelle théorie astronomique à laquelle Descartes adhérera entièrement lorsqu’il formulera son «hypothèse» cosmogonique, un demi-siècle plus tard, dans Le Monde et surtout dans ses Principia philosophiae. Cette remarque de Montaigne donne l’occasion de réfléchir plus en général sur l’attitude des deux auteurs vis-à-vis des découvertes scientifiques et de leur validité. Chez les deux philosophes on peut noter une sorte d’épistémologie de la construction de la théorie scientifique, à savoir une sorte d’attention, plus ou moins explicite, envers le processus de la connaissance impliqué en elle, saisi dans ses aspects psychologiques et gnoséologiques. En particulier, tous les deux considèrent qu’il s’agit d’un produit de la pensée imaginative, et donc du résultat d’une véritable activité d’invention et de construction de l’esprit. Un jugement que Montaigne exprime et argumente, tandis que Descartes le sous-entend le plus souvent et qui constitue, entre les deux auteurs, le terrain d’un dialogue idéal et tacite où entente et opposition radicale se mêlent en même temps.

De l’opinion à l’hypothèse Montaigne et Descartes face aux découvertes scientifiques

SANTINELLI, CRISTINA
2013

Abstract

La seule et unique référence explicite qu’offre tout le corps des Essais de Montaigne à l’«opinion» de l’astronome Copernic se trouve dans l’Apologie de Raymond Sebon (II, 12, 570 A). Il s’agit d’une référence prudente et contenue à l’héliocentrisme, la nouvelle théorie astronomique à laquelle Descartes adhérera entièrement lorsqu’il formulera son «hypothèse» cosmogonique, un demi-siècle plus tard, dans Le Monde et surtout dans ses Principia philosophiae. Cette remarque de Montaigne donne l’occasion de réfléchir plus en général sur l’attitude des deux auteurs vis-à-vis des découvertes scientifiques et de leur validité. Chez les deux philosophes on peut noter une sorte d’épistémologie de la construction de la théorie scientifique, à savoir une sorte d’attention, plus ou moins explicite, envers le processus de la connaissance impliqué en elle, saisi dans ses aspects psychologiques et gnoséologiques. En particulier, tous les deux considèrent qu’il s’agit d’un produit de la pensée imaginative, et donc du résultat d’une véritable activité d’invention et de construction de l’esprit. Un jugement que Montaigne exprime et argumente, tandis que Descartes le sous-entend le plus souvent et qui constitue, entre les deux auteurs, le terrain d’un dialogue idéal et tacite où entente et opposition radicale se mêlent en même temps.
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