Depuis plus d’un siècle, les chercheurs étudient le phénomène complexe de l’Italianisme, terme polysémique qui désigne tant une influence culturelle, un goût pour l’Italie, qu’une empreinte linguistique italienne sur d’autres langues. Initialement centrées sur la littérature, les études se sont progressivement élargies à l’histoire, l’histoire de l’art, les idées et les sciences, mettant en lumière l’important apport italien à la culture européenne, souvent véhiculé en toscan et en latin. Toutefois, dans les études littéraires, c’est surtout la production en langue vernaculaire (toscan) qui retient l’attention, au détriment du latin humaniste devenu transnational à partir du XVIe siècle. Des recherches récentes, comme le projet EDITEF (développées en lien avec le programme Bibliothèques Virtuelles Humanistes et l'equipex Biblissima+), montrent que le livre italien circulait abondamment en France et dans les régions francophones voisines, parfois même en l’absence de communautés italiennes. On y observe une lecture en italien qui dépasse les seules élites, avec des finalités variées : études, commerce, diplomatie, religion. Les Jésuites et les milieux religieux ont aussi largement contribué à cette diffusion, notamment à travers des textes dévotionnels, parfois en réponse aux enjeux confessionnels. Certains lecteurs francophones lisaient le même ouvrage dans plusieurs langues (toscan, français, latin), ce qui révèle des pratiques plurilingues complexes. L’étude de fonds anciens, d’inventaires et de correspondances épistolaires (comme celles de Zwinger) permet de retracer la circulation du livre et d’identifier des niveaux variés de compétences linguistiques, notamment en toscan. Le conférencier appelle à approfondir l’étude de ces pratiques de lecture, en croisant les sources existantes avec les traces documentaires, afin de mieux comprendre la réception de la culture italienne dans les mondes francophones, sa diffusion, et les dynamiques d’appropriation culturelle. Il insiste sur la nécessité de recherches interdisciplinaires et sur l'importance de transmettre ce chantier aux générations futures.

{Quelques r{\'e}flexions sur l'italianisme {\`a} la Renaissance}

Lastraioli Chiara
2025

Abstract

Depuis plus d’un siècle, les chercheurs étudient le phénomène complexe de l’Italianisme, terme polysémique qui désigne tant une influence culturelle, un goût pour l’Italie, qu’une empreinte linguistique italienne sur d’autres langues. Initialement centrées sur la littérature, les études se sont progressivement élargies à l’histoire, l’histoire de l’art, les idées et les sciences, mettant en lumière l’important apport italien à la culture européenne, souvent véhiculé en toscan et en latin. Toutefois, dans les études littéraires, c’est surtout la production en langue vernaculaire (toscan) qui retient l’attention, au détriment du latin humaniste devenu transnational à partir du XVIe siècle. Des recherches récentes, comme le projet EDITEF (développées en lien avec le programme Bibliothèques Virtuelles Humanistes et l'equipex Biblissima+), montrent que le livre italien circulait abondamment en France et dans les régions francophones voisines, parfois même en l’absence de communautés italiennes. On y observe une lecture en italien qui dépasse les seules élites, avec des finalités variées : études, commerce, diplomatie, religion. Les Jésuites et les milieux religieux ont aussi largement contribué à cette diffusion, notamment à travers des textes dévotionnels, parfois en réponse aux enjeux confessionnels. Certains lecteurs francophones lisaient le même ouvrage dans plusieurs langues (toscan, français, latin), ce qui révèle des pratiques plurilingues complexes. L’étude de fonds anciens, d’inventaires et de correspondances épistolaires (comme celles de Zwinger) permet de retracer la circulation du livre et d’identifier des niveaux variés de compétences linguistiques, notamment en toscan. Le conférencier appelle à approfondir l’étude de ces pratiques de lecture, en croisant les sources existantes avec les traces documentaires, afin de mieux comprendre la réception de la culture italienne dans les mondes francophones, sa diffusion, et les dynamiques d’appropriation culturelle. Il insiste sur la nécessité de recherches interdisciplinaires et sur l'importance de transmettre ce chantier aux générations futures.
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